La crise de « The Affair »

La saison (enfin).

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J’ai mis du temps avant de regarder The Affair. J’avais toujours mieux à faire. Bref, j’avais tout un tas d’excuses pour ne pas la regarder. Mais j’ai fini par la regarder. De presque d’une traite. C’était impressionnant. Impressionnant de réalisme, d’intensité, d’observation. Je crois que c’est l’une des séries les plus intimes que j’aie jamais vues. Non pas parce que ça parle d’une liaison, mais c’est surtout que les points de vue de chacun sont vraiment personnels. Au début, les divergences sont minimes, on remarque qu’il y a des détails qui changent, les vêtements, qui a fait le premier pas… Mais plus on continue dans la série, et plus tout est différent. Noah Solloway, père de quatre enfants, professeur en lettres qui a quand même sorti un livre que personne n’a lu, glisse dans sa vie dans l’ombre de son beau-père écrivain à succès, et sa femme née d’une famille riche. De l’autre côté, on a Alison, qui a perdu son fils très jeune, dont le couple bat de l’aile suite à cette tragédie. Leurs chemins vont se croiser dans la petite ville côtière où elle habite, et voici que la série commence. Quelqu’un est mort, un inspecteur interroge les deux amants qui vont raconter leur été.

Episode 103

La première fois que j’ai entendu parler de The Affair, je m’étais étonné sur le cast. Pourquoi Joshua Jackson (c’est d’abord Dawson avant Fringe !) ne jouait pas le type avec lequel Ruth Wilson (superbe dans Luther) avait une liaison ? Puis, j’ai compris… L’alchimie entre Wilson et Dominic West (le flegme britannique à l’œuvre chez ces deux-là) se transpose à l’écran comme une complicité formidable. Hagai Levi est le créateur de la version originale d’En Analyse et c’est vraiment la décomposition d’une relation à laquelle on a le droit. Tous les épisodes sont coupés en deux parties, le point de vue de Noah, et celui d’Alison. Il y a une certaine constante tout au long de la série, étrangement, ce n’est pas redondant. La narration en flashback est faite de telle manière que le spectateur se prend au jeu de l’enquête, en engloutissant les miettes d’indices qu’on lui donne à chaque épisode. A vrai dire, l’enquête au début ne présente que peu d’intérêt, elle prend de plus en plus d’ampleur quand on apprend l’identité de la victime, mais aussi les suspects et les mensonges évidents. En plus, tout se passe dans une petite bourgade, Montauk, où tout le monde connait tout le monde… Voilà pour passer inaperçu quand tu commences une liaison ‘-‘.
Les intrications sont telles qu’on se demande quelle version est la vérité… et je ne peux m’empêcher de penser à Agent Carter dans l’épisode 105, quand le Chef dit qu’il existe toujours trois versions à chaque histoire, celles de deux parties, puis la vérité. Cette vérité, on ne la saura probablement jamais car on n’a jamais de regard objectif sur la situation. On sait pertinemment qu’en tant qu’êtres humains, ils sont disposés à mentir. Est-ce qu’ils mentent tous les deux ? Jusqu’à quel point ? Et très honnêtement, le dernier épisode de la saison m’a un peu laissée sur ma faim.

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Au niveau des personnages à proprement parler, les deux protagonistes principaux sont fortement soutenus par des personnages secondaires bien trempés. Que ce soit Joshua Jackson ou Maura Tierney, leur moitié officielle du couple est tellement bien imaginée que c’est difficile de pardonner aux amants. Je me demande même s’ils n’éveillent pas plus d’empathie que les épreuves que traversent Noah et Alison. L’incompréhension, la colère, le déni de Helen, la jalousie, le désespoir de Cole en font des atouts non-négligeables qui viennent apporter un équilibre à cette liaison. Oui, en plus des rendez-vous sulfureux, il y a la véritable vie qui continue d’avancer. Très bon point pour la mère de Cole, qui a plus d’un tour dans sa manche. Grosso modo, l’écriture est géniale, la lenteur volontaire de la narration est la bienvenue, les acteurs sont vraiment excellents (Wilson n’a pas volé son Golden Globe), tout est pensé au détail près. Et c’est ça qui reste le plus impressionnant.

Levi envisage la série sur trois saisons, je suis bien curieuse de voir comment ça va se terminer. Oh, et le générique. QUEL GENERIQUE !!!

Pas si ‘dreadful’ que ça…

Retour sur la saison 1.

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Pour tous ceux qui ont rêvé de voir un jour La ligue des gentlemen extraordinaires en série :’D. Eh non, je ne parle pas du projet qui est en développement chez la FOX mais bien de Penny Dreadful de Showtime, créée par John Logan à qui on doit notamment les scénarios de Gladiator, Aviator, Skyfall pour n’en citer que quelques uns… Une série qui m’a presque réconciliée avec l’horreur et le surnaturel (je dis presque, car j’ai testé The Strain après, et c’était pas possible en fait…) et avec Eva Green.

La première chose qui frappe dans Penny Dreadful, c’est son ambiance. A la limite du gothique (je dis limite car même si ça ne manque pas de noir et de macabre, ça manque de romantisme parfois), des couleurs altérées à la Bryan Fuller (autant de gore artistique, on est obligés d’y penser), une Angleterre victorienne propice aux monstres… Si on devait adapter les Anne Rice en série, ce serait cette ambiance là qui serait la plus correcte. Le spectateur est dans cet état de semi-tension où il sait que quelque chose va se passer, mais il ignore sous quelle forme… La mise en scène est très minutieuse, des décors authentiques aux costumes travaillés, voilà un period drama qui a du budget. Alors oui, on passe de la possession de corps aux vampires, puis des créatures ressuscitées d’entre les morts sans oublier les loups-garous (et bientôt les chamans x’D ?) mais le tout sur un fil rouge qui ne faiblit. Le spectateur est happé durant 55 minutes par la quête de Mina. Mina Murray, c’est la future femme de Jonathan Harker, la meilleure amie de Lucy Westenra (l’histoire est un peu plus suivie dans Dracula de NBC, mais bon, passons l’annulation x’) qui n’est pas Vanessa Ives d’ailleurs, je m’étais posé la question au début x’), la proie de Maître Dracula de qui elle tombe sous le charme (dont j’ai hâte de voir le visage prochainement j’espère), la fille de Sir Malcolm Murray explorateur de renom (qui n’est pas Allan Quatermain *sort*). Mina qui finit par connaître un sort bien funeste à la fin de cette saison 1. Très rapidement. Un coup de pistolet. Et moi qui pensais que la saison 2 allait poursuivre cette histoire… du coup, je suis perplexe, où vont-ils aller dans la suite ?

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Enfin, ce ne sont pas les questions qui manquent, bien entendu. Tous les personnages ont leur arc qui n’est pas forcément fini. C’était un point négatif de la série pour moi, au début, quand les divergences ont commencé. Mais ça s’intégrait bien, puis l’histoire principale continuait d’avancer, les arcs étaient intéressants en eux-mêmes. Même si les flashbacks étaient parfois trop longs… Par exemple, tout l’épisode centré sur la jeunesse de Vanessa aurait pu être disséminé ci et là plutôt qu’un épisode entier… Bref, donc, Ethan (interprété par un Josh Hartnett revenu d’entre les morts) est un loup-garou, okay, on commençait à le soupçonner fortement là, mais comment et pourquoi ?! Comment sera le nouveau visage de Brona (Billie Piper qui n’a pas vraiment eu du temps à l’écran à part être dans un lit et tousser) quand elle devra entrer dans la peau de la nouvelle créature de Frankenstein (un Harry Treadaway qui va finir plus connu que son frère Luke :’) ? Est-ce qu’on va revoir Dorian Gray (qui me saoule vraiment, je ne sais pas pourquoi ils ont pris un gamin qui semble avoir 12 ans, ils auraient pu en prendre un qui semble avoir 20 ans au moins… et moins éphèbe mais plus apollon ‘-‘) et surtout est-ce qu’il va être plus utile que dans cette saison 1 ? Puis c’est quoi le problème avec Vanessa là (c’est vrai qu’Eva Green est parfaite dans le rôle, son côté mystérieux surtout quand elle plisse les yeux à moitié –‘) ? Les questions habituelles quoi x’D.

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Bien sûr, c’est ce mélange de références qui est l’une des originalités et point fort de la série. Je trouve ça malin qu’ils aient pris Sir Malcolm (Timothy Dalton, tout en élégance comme sait le faire James Bond) comme point de convergence alors qu’ils auraient pu prendre Van Helsing beaucoup plus facilement, connu pour être un chasseur de vampires. Mais l’aspect explorateur rend le personnage plus charismatique voire plus humain, comme ils l’on fait dans La ligue des gentlemen extraordinaires. Les similarités avec le film ne s’arrêtent pas là. Ethan Chandler pourrait être vu comme un Tom Sawyer, Victor Frankenstein comme un Dr Jekyll… Mais ça ne me dérange pas du tout. Ce qui me gêne plus, c’est que tout le monde est très intelligent dans cette série x’D. Même l’Américain manipulateur se révèle parler couramment latin. S’il vous plaît. Caliban passe son temps à lire et à réciter des vers. Il n’y a pas une personne d’intelligence normale ! Okay, peut-être Brona, mais je ne suis pas sûre qu’elle compte…

« Penny dreadful » c’était un genre de magazines/publications qu’on achetait un sou à l’époque. En gros, nos romans populaires à quatre sous x’D (oui, je pense à Gérard de Villiers et à ses S.A.S. *sort*). Qui pouvaient faire un tabac mais qui n’était pas pris aux sérieux. Ben je peux vous dire qu’on prend la série au sérieux ! C’était une très belle histoire, et j’ai hâte de voir la saison 2.

« The Big C » – Saison 3

Hum. Déception. Un petit retour sur cette saison 3 de l'une des surprises d'il y a trois ans. (Rien que les affiches promo ne me plaisaient pas.)

La saison 1 était « WHAOU », la saison 2 était « WOOHOO », la saison 3 est « Ah… ». Ce n’est pas tant que les personnages soient moins intéressants, au contraire, ils le sont de plus en plus avec leurs particularités et ils se sont surtout trouvés, c’est plutôt l’ambiance générale de cette saison qui a dégringolé. Je n’ai pas senti la pesanteur du cancer. Je n’ai pas trouvé la situation aussi drôle qu’avant, les personnages précédents me manquent et j’arrive à peine à me souvenir des noms des nouveaux… Todd me manque (même si Reid Scott a trouvé un bon rôle dans Veep, je voulais qu’il reste dans The Big C :'(), Lee aussi (Hugh Dancy… tu n’es jamais mieux qu’en malade), et Joy n’arrive pas à la hauteur des précédents (même si j’aime beaucoup Susan Sarandon) pendant que les guests comme Victor Garber (sous-exploité à mort), Mamie Gummer (inintéressante…) ou encore Brian d’Arcy James (si je l’avais vu avant autre que dans Smash, son personnage aurait pu me paraître sympathique), Lee Tergesen (ça ne pouvait pas aller plus loin ?!) ne sont que de passage exprès. Peut-être que seule Allison Janney arrive à faire de l’humour avec ses trois pauvres répliques et son rire.

Déjà, la relation entre Cathy et Paul me saoule. Elle se veut pseudo « normale » avec un mari « banal » qui glande toute la journée pendant que la femme se saoule (car oui, elle est alcoolique, reconnaissons-le) tout en faisant les courses. Eh bien, trop de normalité tue la normalité. Heureusement qu’Andrea, oups Abubao, est là pour mettre un peu d’ambiance. Car si on devait compter sur Adam et sa révélation divine… Sean fait sa vie de son côté, comme d’habitude (c’était marrant de voir sa créativité avec le téléphone rose). Toute la saison a reflété un sentiment de lassitude… Du moins, c’est ce que j’ai ressenti. Je ne sais pas si c’est une lassitude par rapport au sujet (j’espère qu’ils ne vont pas faire à la United Stated of Tara pour le coup, car j’avais vraiment trouvé la dernière saison sans intérêt et bâclée) ou juste une baisse de régime des scénaristes. Attention, je ne dis pas que c’est pourri, hein ! Loin de là. J’ai quand même bien ri parfois, c’est juste qu’il n’y avait pas la fraîcheur des deux saisons précédentes ni le même attachement aux personnages, ainsi que cette tragico-comédie qui faisait la force de The Big C. Je me suis juste retrouvée devant une dramédie. Bref, le fil rouge ne m’a pas vraiment plu cette saison.

Ma plus grosse déception réside dans le personnage de Cathy. Son comportement a toujours été un peu extatique car elle en voulait toujours plus, et elle appréciait de faire tout ce qu’elle n’avait pas pu faire. Mais dans cette saison 3, elle a l’air en dépression alors que médicalement, c’est certainement la meilleure saison pour elle. Donc elle stagne en quelque sorte. Paradoxalement volontaire ? J’en sais rien, mais ce n’est pas toujours agréable à regarder. A l’inverse de Paul, que je ne l’ai jamais trouvé aussi drôle qu’en apprenti gourou. Son personnage a enfin une existence propre qui n’a rien à voir avec Cathy. Un peu d’indépendance, ça fait du bien. Avec cette « near death experience », au début je le trouvais très saoulant, mais peu à peu, il vole la vedette à Cathy. Car au final, on s’aperçoit ce n’est pas tant de l’attention qu’il recherche (même s’il y a une bonne part), c’est la reconnaissance de soi tout simplement. Il veut prouver au monde (tout comme sa femme), qu’il existe aussi. Peut-être que son approche est maladroite et qu’il blesse des gens en le faisant, mais j’ai été touchée. Je rebondis avec l’histoire de l’adoption, je trouve que c’est vraiment égoïste. Cathy dit qu’elle veut adopter non pas pour prouver qu’elle va survivre, même si l’instant d’après elle réplique que si, mais en fait, tout tourne autour d’elle. Alors qu’au début son égoïsme reflétait de l’altruisme (sa liaison, Lee, etc.), là, je n’arrive pas à voir de la bonté dans l’acte. Puis le « petit » hic de l’adoption aussi… Et le délire d’Adam avec son groupe de soutien chrétien, je n’ai pas trop adhéré, la rébellion chez les jeunes c’est vraiment du tout au n’importe quoi. J’ai bien ri avec l’implication d’Andrea dans son club, en revanche. C’était poussé à l’extrême, mais il y a une part de moi qui est d’accord avec l’idée générale ^^. Et enfin, toute l’histoire de Sean m’a bien fait rire. Du début jusqu’à la fin. Je crois que je n’ai jamais rencontré un personnage comme lui.

La saison 4 sera officiellement la dernière, j’espère que la qualité reviendra au rendez-vous. On ne sait pas encore grand-chose sur les futurs guests (il y en aura, c’est sûr x’), ni sur l’identité du futur mort haha. Mine de rien, j’aimerais bien que Cathy meure à la fin, la boucle sera bouclée comme ça… Mais pas du cancer, non, à cause d’un accident à la noix. Ce sera plus ironique. Et je veux que le series finale fasse chialer à mort. Voilà, ça c’est dit :’D.