« I don’t guess, I observe. »

Avant de commencer, je voudrais préciser qu'il est possible qu'il y ait des SPOILERS, même si ce sont plutôt des détails qui n'ont de sens que lorsqu'on a vu l'épisode x'D.

Elementary a été incroyablement décriée à sa création sous prétexte que Sherlock faisait un tabac, alors forcément les Américains devaient en faire une sous-copie. Ce qui semblait le plus choquer les gens, c’était d’introduire un Sherlock Holmes à New York et d’engager un Watson féminin, plus que tout autre chose. En même temps, ces deux choix représentaient un peu les seuls risques, et par conséquent les seules originalités du projet. Situé à notre époque, le créateur (Robert Doherty) a eu au moins la délicatesse de désigner un acteur anglais (Jonny Lee Miller) pour jouer le rôle du très excentrique Holmes, une chose qu’ils ont respecté. En plus, les dénigrements de Cumberbatch (aka Cumby pour les intimes, mais je n’ai pas atteint ce seuil là) n’ont pas vraiment aidé. De toute façon, c’était un bon coup marketing, puisque dans la vraie vie les deux Sherlock sont réputés pour être amis. Personnellement, j’étais plus curieuse qu’autre chose, et surtout très ravie que Lucy Liu retrouve du boulot à la télé, car jamais une juge n’a été à la hauteur de Ling et de sa robe violette (Ally McBeal). Mais perso, dans les bouquins, j’ai toujours été plus Arsène Lupin que Sherlock Holmes étrangement. J’aimais bien l’aspect hors-la-loi d’Arsène Lupin je suppose x’D. Ce serait un bon projet télévisuel un jour… Mais pas par des Français, après le massacre du film, le sang a assez coulé.

C’est donc le pilot d’Elementary… et d’une longue série à mon humble avis (d’ailleurs, pas de team qui la subbe :’O ?). Le côté cop show en duo marche du tonnerre en ce moment (chose plus qu’incompréhensible à mes yeux, que les séries à épisodes clôturés et répétitifs marchent autant, et je dis ça alors que j’adore Castle, hein, mais c’est la seule), et ce n’est pas un hasard si sur IMDb, ma suggestion du « les gens qui ont aimé… » pour Elementary était Castle… Et en l’occurrence, vu que c’est diffusé sur CBS, on peut certainement voir la série comme le nouveau The Mentalist. Avec un meilleur casting, no offence.

Très scolaire comme pilot en fait. Ils expliquent tout, mais alors tout, au spectateur qui pourrait être considéré comme un idiot :’). C’est archi ringard le coup du flash lié à l’affaire sur laquelle ils vont enquêter en début d’épisode. Holmes dégaine ses conclusions, ses arguments, sa logique, comme si tout coulait de source avec l’arrogance propre à son patronyme. Bref, le raisonnement à l’envers de Sir Arthur Conan Doyle semble porter ses fruits puisque de plus en plus de personnages le pratiquent… Ils en oublient les questions que le téléspectateur a déjà les réponses. Devant ses exposés, s’ouvrent deux voies. Soit on est inondé d’infos et on s’y noie saoulé, soit on s’y abreuve et on poursuit. J’ai choisi d’emprunter la seconde… Il y a une nervosité chez Jonny Lee Miller qui est simplement fascinante. Déjà dans Eli Stone (R.I.P.), je pense qu’il n’avait aucun mal à se la jouer perturbé. Et du coup, ses tics (il est un peu rigide dans son comportement) sont totalement à son avantage pour jouer un homme désabusé, ingénieux, drogué, sociopathe, et observateur de la nature humaine. Insensible, c’est tout lui, un faux scientifique qui suit un raisonnement de sciences dures mais en se fondant sur l’étude comportementale. Il ne faut pas non plus oublier sa nature de détective. Au fond, ces nouveaux Holmes (je dis nouveau dans le sens pré-années 2000) sont moins élégants, plus dépravés que le Sherlock Holmes original. La fine ligne de la morale ne s’inscrit plus uniquement dans la prise de drogue ou les méthodes discutables, elle est également tracée dans la nature même du personnage. Est-il un défenseur de la vérité ? De la justice ? On sent une petite touche américaine à vouloir faire le bien malgré tout… en adoucissant son côté mégalo.

Toutefois, s’il y a une chose qui semble faire l’unanimité dans Elementary, c’est le personnage de Joan Watson interprété par Lucy Liu. Et je comprends bien pourquoi après ce visionnage. Ce choix artistique était franchement osé, mais diablement intéressant. Je veux dire, Watson a toujours été populaire, même dans les romans, car c’était la tête posée qui équilibrait le génie, l’être normal qui venait soutenir la star, il a atteint des sommets avec Robert Sean Leonard (House), Jude Law (Sherlock Holmes) et plus récemment Martin Freeman (Sherlock). La bromance est exacerbée au maximum, et dans le cas d’Elementary, ils vont certainement plus que jouer sur la tension sexuelle latente (future ?) des deux protagonistes principaux. Mais non seulement Watson a du cœur et du tact, elle représente également la femme forte (il en faut pour attirer divers publics). Forte tant en caractère qu’en intelligence, et donc elle semble être la seule capable de mater le petit Holmes ^^. J’aime bien Lucy Liu car elle n’a pas toujours le rôle cliché de l’Asiatique. C’est vrai, elle a joué dans Kill Bill et dans Charlie’s Angel où elle pratiquait des arts martiaux, mais elle a souvent d’autre genre de rôles (qui ne sont pas des persos particulièrement doués en combat rapproché ou absolument brillants en mathématiques) qui aurait très bien convenu à un caucasien. Et en même temps, elle apporte une stabilité dans la série, sans sautes d’humeur. On est bien loin de Ling !

Au final, s’il y a une chose qui me gêne vraiment dans la série, c’est la facilité. La facilité dont le héros bénéficie dans ses rapports avec la police. La facilité qui semble marquer toutes les séries procedural parce qu’ils résolvent une affaire (de meurtre huhu) en une semaine. Je comprends que les gens ne regardent pas forcément leur épisode hebdomadaire régulièrement, ils ont le droit de regarder la télé ponctuellement et donc il faut des épisodes clôturés, mais quand même, juste pour un fil narrateur plus intéressant, n’hésitez pas à faire des double-épisodes parfois ! Mais dans l’ensemble, ça me plaît assez, la dynamique des persos est intéressante, plus que les affaires qu’ils vont résoudre.

Les petits plus : Les petits gadgets de l’apprenti détective, avec un Holmes qui a un iPhone 4S couplé d’un zoom photo x’D. Le bar aussi, il est super chouette, la violoniste m’a fait penser à Annie de Treme.

Les petits bémols : Lestrade :'(. Mais où est-il ? Parce que bon, le capitaine fait pâle figure. Et la touche d’humour tentée par l’inspecteur, c’est pas encore ça. Et tout le laïus sur le passé de Watson et sa réaction prévisible à propos de Holmes était un peu lourd.

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