« You believe in your own legend. » – Lawless.

Y a des films comme ça, parfois, qui ne font pas particulièrement de l'œil à la BA mais qui intriguent un peu quand même, et qu'on va voir par curiosité. Sortie le 17 septembre 2012. Interdit aux moins de 12 ans. Spoilers présents.

De loin, on dirait l’affiche des « Infiltrés ». Le film joue en tout cas sur le casting, car quasi tous les noms sont marqués. Shia LaBeouf au premier plan donne une bonne idée de l’importance de son rôle, il sera le narrateur. Globalement, l’affiche est assez sobre et sombre, et ils ont mis Jessica Chastain pour une touche de féminité dans ce monde « sans loi »…

Le dernier film qui se passait un peu au far west que j’ai dû voir (car je ne compte pas le dernier épisode de Doctor Who) était certainement Cowboy & Aliens, autant dire que j’ai préféré oublier. Et le dernier film de gangsters était Public Ennemies, autant dire que j’attends Gangster Squad avec impatience. Au départ, je n’étais franchement pas emballée par Des hommes sans loi (Lawless en VO) sachant que je ne supporte pas Shia LaBeouf (sous aucune couture). Mais le reste du casting a effacé mes doutes… enfin, Tom Hardy seul, les aurait effacés :’D. Le réalisateur, John Hillcoat, n’est pas vraiment resté gravé dans ma mémoire, il y a juste La Route (The Road en VO) qui est sorti du lot dans ses films. Puis Nick Cave à l’écriture (enfin, aménagement du scénario) valait certainement le détour. Basé sur le roman The Wettest County in the World écrit par Matt Bondurant, l’histoire se veut biographique, du moins tirée de faits divers réels. La famille Bondurant a donc véritablement existé, et malgré des pans flous de leur vie, leur descendant a tenté de raconter leurs vies trépidantes en comblant les vides à son bon vouloir. L’action prend place durant la Prohibition, cette période de l’histoire américaine où l’alcool était interdit et quand certainement, ils n’en ont jamais bu autant. Loin du luxe de Boardwalk Empire, Lawless nous plonge dans la campagne, là où l’alcool se fabrique chez les durs des durs. Avec la participation de Nick Cave, il faut l’avouer, la BO est vraiment agréable et se marie bien avec le film.

Premier problème : la voix off. Personnellement, je trouve que l’utilisation d’une voix off est assez risquée dans un film, j’ai toujours l’impression qu’elle est malvenue car elle prend les spectateurs pour des idiots. En plus, quand c’est la voix de Shia LaBeouf qui raconte, ça n’arrange pas les choses. Cette voix off n’a pas fait exception, le son résonnait comme une récitation scolaire, on aurait très bien pu s’en passer. Après, il faut être un peu plus indulgent, il y a le parallèle avec le livre qui peut être fait, et donc un peu comme La couleur des sentiments (The Help en VO), l’un des protagonistes va narrer l’histoire pour donner une dimension plus humaine à l’œuvre. La première scène en flashback est donc là pour que le petit gagne un peu d’empathie, et résonne alors la voix off du petit qui a grandi. Son personnage est vraiment antipathique… Cette arrogance donne envie de le claquer, le monsieur qui se croit tout permis. Mais la solidarité fraternelle est un gros avantage, c’est l’amour vache, mais ils tiennent profondément les uns aux autres. La bonne surprise est venue de Dane Dehaan, le personnage principal de Chronicle. Il était super touchant et pas seulement parce qu’il était handicapé x’). Du côté des méchants, Guy Pearce assez méconnaissable avec ses cheveux et ses sourcils rasés, mais étrangement parfait dans ce rôle de sociopathe…

Après, on est confrontés au paysage aride, à la difficulté de la vie et surtout à l’époque. Oui, la violence fait partie de leur quotidien, oui il y a toujours une victime qui cherche à redorer son blason, et oui il y a toujours quelqu’un qui va en souffrir. Si cette période ne nous est plus si inconnue que ça avec l’ampleur qu’a pris Boardwalk Empire, la Prohibition garde un aspect mystique. Ces fusillades en pleine rue, ces mafieux aux egos surdimensionnés, ces sheriffs corrompus… n’est-ce pas ultra romancé pour être vrai ? Historiquement, les frères Bondurant auraient eu affaire à Al Capone dans le temps. Ici, c’est Floyd Banner, joué par un Gary Oldman qui semble prendre bien du plaisir. A cela, y ajouter l’honneur et la loyauté qui ne sont pas toujours là où on les attend… De l’intrigue sur pattes. Ce qui m’a le plus plu dans ce film, c’est l’humour insoupçonné. Car oui, c’est bien drôle par moment, et pourtant j’ose penser que ce n’était pas le but. Certaines scènes tiraient sur le gore, mais vu le contexte, ces giclées d’hémoglobine paraissaient logiques (et l’avertissement moins de 12 ans est mérité).

Reste enfin la romance. Le premier, deux parties qui ont déjà été brisées, l’un survivant à la mort, l’autre à la violation de son corps. Leur approche est presque plus romantique et plus néophyte que le couple plus jeune. Et c’est mignon. Maggie (Chastain) prend vraiment les choses en mains. Un grand gaillard comme Forrest (Hardy) qui ne sait pas s’y prendre avec une femme, et de l’autre côté un petit arriviste comme Jack (LaBeouf) qui prend son courage à deux mains pour faire la cour à la blondinette (Warsikowska). C’est le monde à l’envers. Les adultes responsables sont plus timides que les jeunes amourachés. Même si la romance de Jack et Bertha sonne le glas des Bondurant, leurs scènes permettent au film de respirer un peu quand l’atmosphère est trop chargée de danger :’).

J’ai vraiment été bonnement surprise par l’ensemble, je pensais que leur accent allait me frustrer, et qu’en plus l’aspect violent du film allait me dégoûter (je suis une chochotte à ce niveau là, moins de 12 ans, je prends déjà des précautions), mais au final c’était une histoire bien solide à laquelle on s’intéresse. Les fortes personnalités des personnages y sont sans doute pour quelque chose. Et puis le style est assez épuré, la réalisation est claire et on ne s’embrouille pas l’esprit. J’ai bien apprécié :’).