Previously on « Children’s Hospital »…

Saison 4, épisode 7. British Hospital. Spoilers !!

Oh my. Je ne m’y attendais pas du tout à cet épisode. Children’s Hospital est une série que je suis depuis deux ans seulement et jamais je ne cherche des scoops dessus (ou me renseigne tout court). De toute façon, je ne suis pas certaines que de nombreux détails filtrent à l’avance… Bref, quand j’ai vu ce dernier épi, je pense que j’ai pleuré de rire. Littéralement. Petit retour sur cette série qui commence à faire son petit bout de chemin. En lisant la trame au début, j’avais pris ça comme une parodie des séries médicales (ce que c’est effectivement) mais à la spoof, comme les films dans le genre de Spartatouille (Meet the Spartans en VO) ou Superhero Movie etc. Or, ces parodies absurdes et vulgaires ne me plaisent vraiment pas. Je n’y vois aucun intérêt et je ne saisis absolument pas l’humour qui est loin d’être un tantinet subtil. Mais en regardant Children’s Hospital, j’ai vu bien plus que ça. Au final, il y a une part de spoof (notamment dans l’aspect absurde), mais le format 12 minutes de live action et les acteurs permettent de réinventer le genre. C’est vraiment dommage que la série soit aussi peu méconnue, elle me fait un peu penser à Portlandia qui ne fait pas vraiment parler d’elle. Donc Children’s Hospital, de quoi ça parle ?

C’est une série (duh!) qui en est à sa 4e saison aujourd’hui, diffusée sur la chaîne Adult Swim actuellement. Le créateur, Rob Corddry (récemment vu dans Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare, Seeking A Friend For The End Of The Wolrd en VO), est un ancien du Daily Show et il joue lui-même l’un des médecins principaux. A la base, il s’agissait d’une websérie dans un format d’environ 6 minutes (si si, avec le générique et tout x’) qui parodiait les grosses séries médicales du moment, à savoir House, Grey’s Anatomy, Scrubs et même Urgences avec des références plus qu’évidentes à certains moments. Les guest-stars réguliers par la suite ont fait le point fort de la série, par exemple Nick Offerman (le mari de Megan Mullaly dont le personnage est le Chief de l’hôpital) ou encore Jon Hamm qui ont rendu plusieurs fois visites aux plateaux. Lors de la saison 2, pour sa transition de websérie à série télévisée, la troupe s’est agrandie de deux comédiens réguliers et a doublé sa longueur pour mieux coller à un format télé.

Si leur petit « previously on Children’s Hospital » est présent dans chaque épisode, ils sont en réalité totalement imaginaires. En fait, il n’y a aucune continuité réelle d’une semaine sur l’autre, et leur rappel n’a jamais existé dans un épisode précédent. Il permet seulement de planter un décor pour ce qui va suivre. Chaque personnage va suivre ses envies, et les épisodes sont distincts les uns des autres sans fil rouge apparent. On pourrait les qualifier de sketchs. Donc en fait, c’est toujours une magistrale surprise en démarrant un nouvel épi. Plusieurs composantes font que la série est un OVNI (dans le sens positif) du paysage télévisuel actuel.

  • La surprise : Je ne pense pas m’avancer en disant que dans chaque épisode de Children’s Hospital, il y a un élément de surprise. Il peut consister en un guest ou tout simplement dans le thème (que ce soit un retour dans les années 70 ou un tournage en noir et blanc etc.). Pour cet épisode de cette semaine, les deux allaient de pair. Tous les éléments étaient réunis pour faire un bon épisode.
  • Les répliques : Les scénaristes sont vraiment malins. Les persos débitent des phrases parfois sans queue ni tête, mais dans un contexte qui fait que c’est drôle. Même la voix off du Chief semble adéquate. Il y a une bonne part d’improvisation également, et ça se sent dans la fluidité des réparties.
  • Le cas médical : Mais où vont-ils les chercher x’D ? C’est de plus en plus improbable et jamais le même, mais c’est toujours intrigant. Dans des dramas sérieux, on se surprend à trouver leur cas médical ennuyeux parfois, voire même ridicule (vous vous rappelez les patients de Off The Map ?!), mais ici, les patients ont beau être atteint de maladies improbables, le ridicule ne les tue pas.
  • La satyre : Il ne faut pas oublier le but originel de la série, se moquer des séries médicales sérieuses. Et franchement, on y retrouve bien le compte, l’exacerbation des clichés est à son comble, que ce soit sur les relations inter-médecins impossibles, ou avec certains patients, ou encore leur façon d’en traiter d’autres…

Leur vrai plus selon moi, c’est qu’ils ne se prennent pas au sérieux. Leur objectif premier est de faire rire, et en voyant le résultat, on peut se dire qu’ils doivent bien s’amuser sur le plateau. Le casting est mouvant, dans le sens où le noyau fixe (à savoir Lake Bell, Erinn Hayes, Ken Marino, Rob Huebel, Malin Akerman, Henry Winkler) peut avoir des absents dans certains épisodes sans que cela dérange la dynamique du groupe. Parfois, on ne sait même pas pourquoi ils ne sont plus là ou au contraire, pourquoi ils sont présents, mais c’est tellement absurde comme situation que c’est peu important. Chacun de ces acteurs dispose d’une fibre comique assez flagrante. Ils connaissent leur boulot et en tirent le meilleur. Aucune timidité ne les empêche de se ridiculiser, et c’est leur naturel qui plait. S’il y avait un cœur à cette série, ils le formeraient ensemble :’). Dans les personnages, je ne saurais même pas dire qui je préfère tellement chacun est illuminé dans son genre. Mais je dois avouer que le docteur Blake (Corddry) et Valerie (Akerman) sont encore plus bizarres et drôles à mes yeux. De plus en plus d’acteurs connus viennent faire un tour sur la série, ce qui prouve encore une fois la qualité du show et ravissent les fans !

Pour finir, ce dernier épisode. British Hospital. J’en ri(z) encore ! Tout l’hôpital a été délocalisé en Grande-Bretagne, tous les personnages se sont vus remplacés par des homologues britanniques (enfin, pas dans les acteurs). L’épisode s’ouvre sur la voix off de Frances Fisher au poste de Headmistress (oui, ils ont vraiment tout anglicisé :’p) au lieu de Mullaly qui annonce le « previously ». Et là, bam. Dominic Monaghan (Lost), suivi d’un médecin-mime à la place du médecin-clown, d’une réplique de Lauren Cohan (The Walking Dead), et le meilleur pour la fin… Jaime Murray (HG, reviens dans Warehouse 13) ! Et voilà les quelques premières secondes de l’épisode. Le burlesque de Children’s Hospital mélangé avec des blagues à l’anglaise (par exemple, forcément, le mime se doit d’être un Français) et ses clichés. Encore un thème bien choisi que voilà !

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