En un mot : « Firefly ».

Il y a des spoilers de la série, donc bon... il faut l'avoir vue je suppose x'D.

Samedi soir heure américaine, sur Science Channel, il y avait l’émission spéciale pour les 10 ans de Firefly (précédé du marathon). « Firefly 10th Anniversary Browncoats Unite ». Ouais, 10 ans déjà (secrètement, j’avais nourri l’espoir que le Comic Con Paris allait faire un petit événement dessus, mais que dalle x’D). Je crois que je n’ai pas de mot pour expliquer mon attachement à cette série. Souvent, on me demande comment une série annulée composée uniquement de 14 épisodes peut être positionnée à la première place de mon top séries… Honnêtement, c’est l’une des forces de la série à mon avis. Tous les épisodes touchent les spectateurs d’une manière ou d’une autre. Il n’y a pas tant de raison que ces 14 épisodes sont simplement spéciaux et tous bons. Bon d’accord, je m’autorise à garder un peu de rancune contre « The Train Job » car je trouve qu’il fait un très mauvais pilot (selon l’ordre original de diffusion) et du coup, je comprends que ça n’attire pas le public de prime abord, mais il reste quand même un bon épisode avec le bon taux d’action, d’humour, de drame et même de tension sexuelle. Le premier épisode est simplement difficile à passer, après, c’est que de la joie :’D. D’où l’intérêt de le voir dans l’ordre de tournage voulu par Joss Whedon (oh pardon, je n’ai pas encore mentionné que la série était créée par le plus grand geek de tous les temps modernes :’O ?) avec le double piltot « Serenity » en premier. En fait, je ne suis pas une grande fan de Buffy Contre les Vampires ou même d’Angel même si j’ai beaucoup aimé la première et plutôt trouvé la seconde divertissante, c’est vraiment avec Firefly que j’ai été persuadée du génie de Whedon.

De gauche à droite : Adam Baldwin, Jewel Staite, Ron Glass, Sean Maher, Morena Baccarin, Nathan Fillion, Gina Torres, Alan Tudyk, Summer Glau.

Je préviens d’avance, ce sera certainement le plus subjectif de mes billets ^^. J’ai découvert la série mi 2007, donc assez récemment. Ce qui est paradoxal, c’est que d’habitude je trouve les séries pré-2005 très « fausses », mais ce n’est pas dérangeant car on s’habitue à leurs effets spéciaux cheap ou leurs décors en carton ainsi qu’à la qualité de l’image qui laisse à désirer, malgré le fait que ces inconvénients soient présents. Mais ça n’a jamais été le cas avec Firefly. Tout me semblait relativement bien fait (même le scanner étrange en 3D qui fait très faux dans « Ariel »). Je ne sais plus trop vraiment comment je suis tombée dessus. Par hasard sans doute, j’étais dans une période où je ne regardais que de la SF (même époque où j’ai regardé Farscape d’ailleurs, que j’ai beaucoup moins aimé même si ce n’était pas mal) et je m’étais dit que 14 épisodes + 1 film devaient passer rapidement. Je dois avouer que l’aspect western m’avait un peu rebutée à la commencer, vu que je n’ai jamais apprécié ce genre. Mais une fois commencée, tout est passé effectivement très rapidement. J’ai enchaîné une première fois la série et le film sans vraiment prendre le temps de la savourer. Comme on dit, j’étais devenue accro. Même si je suis assez prompte à réagir lorsque c’est le sujet de conversation, je pense sincèrement que ce n’est pas une série désagréable à regarder. C’est divertissant, émouvant, drôle, un bon mélange pour en faire une série intéressante sans pour autant prendre la tête. Je comprends totalement qu’on ne la trouve pas extraordinaire, mais je ne pense pas qu’on puisse la trouver vraiment mauvaise. Bon, après, si, il y aura toujours des gens qui la trouveront exécrable, mais je n’en tiens pas compte :’D.

La première chose qui frappe, c’est l’alchimie du casting. Dans le documentaire de samedi soir, Tim Minear (producteur exécutif et scénariste) disait que souvent les acteurs des séries prétendent qu’ils forment une famille et blablabla, mais qu’au final, ce n’était que du vent. Je suis relativement d’accord, car c’est le fonctionnement des relations humaines. Or, dans le cas de Firefly, si effectivement ce n’était pas véridique, jamais les fans n’auraient ressenti autant d’alchimie et resteraient fidèles après tant d’années. Donc il y a vraiment quelque chose au sein du casting qui se reflète dans les interactions des personnages. Et franchement, sauf s’ils sont incroyablement hypocrites, le fait qu’ils aient tous accepté de participer à ce docu veut dire beaucoup :’). Soit dit en passant, avec les extraits qui passaient, on voit carrément le processus de vieillesse chez Nathan Fillion et Adam Baldwin x’D. Jewel Staite et Summer Glau ont « mûri » également, mais sinon les autres n’ont pas vraiment changé. De les voir tous ensemble là, autour de la table, la petite corde sensible était vraiment tirée :’).

Parlons-en justement, des personnages ! Personnellement, j’ai toujours eu du mal avec les héros des séries. Et très souvent, il y en a une majorité que je n’aime pas plutôt que je n’apprécie. Les séries de Joss Whedon démentent cette remarque. Dans Buffy, même si je ne supportais pas l’héroïne éponyme et sa sœur, tout le reste du Scooby Gang était des plus attachants. Dans Angel, il y avait juste Gunn que je trouvais un peu lourd… Dans Dollhouse, c’était Ballard. Mais dans Firefly… A part peut-être Simon qui est un chouilla trop maniéré à mon goût, je n’ai jamais autant apprécié tout un groupe de personnages. Dont le principal.

Malcolm Reynolds est juste génial. Je comprends que Castle ait autant de succès, son humour caractéristique est l’un des gros points forts de la série (et je n’ai pas encore vu l’épisode centré sur la convention où il y a maintes références à Firefly paraît-il). Dans le docu, j’aime beaucoup comment Fillion explique que les traits prédominants de chaque perso est quelque chose que son propre perso a perdu. Et c’est pas faux. Et ça fait de lui le type moins prêt à juger un autre. La moralité chez lui est beaucoup plus floue, et malgré sa volonté de se comporter en héros (car bon, il est l’archétype de l’anti-héros), il ne sait pas comment s’y prendre. « If you can’t do something smart, do something right. » (cf Serenity) comme le lui a dit le Shepard :’). Et il a beau discourir sur le pragmatisme etc., ses émotions sont bien plus fortes que sa raison, et ce sont ces principes (parfois douteux) qui le guident.  Son rôle de capitaine lui donne une vraie prestance, et merci au charisme de Fillion qui n’est pas un canon de beauté, jamais je n’ai vu un leader avec autant d’inspiration. Captain Tight Pants quoi. Puis il faut le dire, ça fait chaud au cœur à chaque fois qu’il dit que c’était le rôle de sa vie et qu’il n’a jamais joué un meilleur rôle. Et c’est ce que tous les autres disent aussi.

Je passe à Kaylee. Ahhh, Kaywinnet Lee Frye x’D. J’adore leurs noms en plus ! Bref. Il y a des persos dans les séries de Whedon qui sont faits pour être aimés du public comme le dit si bien son créateur. Je pense à Willow, à Fred, à Topher… Ben dans Firefly, c’est Kaylee. Le cœur dans la main, elle élève rarement le ton, la gentillesse incarnée avec une certaine dose de gaieté. « Everything’s shiny. » (cf Serenity) comment ne pas fondre devant tant de bonne humeur :’) ? Chez elle, une once d’innocence est restée et l’émerveillement qu’elle connaît à chaque fois qu’elle découvre quelque chose de nouveau, je ne m’en lasserai jamais. Et avec sa petite ombrelle chinoise (huhu), elle est trop mignonne. Toutefois, ce n’est pas parce qu’elle est innocente qu’elle est naïve. Son expérience personnelle n’a pas été des plus évidentes. Je ne sais pas s’il y a une vraie part de Jewel Staite dans le perso, mais en tout cas, je n’ai plus douté de sa capacité de comédienne depuis que j’ai vu L.A. Complex (car bon, dans Stargate Atlantis, elle ne faisait pas grand-chose, et dans Wonderfalls c’était pas flagrant).

Quant à River, elle s’est certainement révélée dans le film qui a suivi, mais je l’ai bien aimée dès le départ. L’épisode « Objects in Space »  est certainement un très bel hommage au perso. Et en plus, on voit Summer Glau danser, et c’est toujours génial quand elle danse (cf Angel, ou même un épisode de Sarah Connor Chronicles). L’aspect paradoxal de River est très intéressant, son empathie a bien été exploitée et vraiment, cet épi (qui fait certainement partie de mes préférés) est empreint d’une douceur et d’une violence en même temps. C’est assez puissant x’D. Puis elle a un côté mystérieux vachement intrigant. Et comme c’est un peu la « clé » *winks* de la série, on sait qu’elle a du potentiel. Dans la scène de « War Stories », un beau contraste fragilité/brutalité apparaît, et c’est là qu’on s’aperçoit qu’il y a plus qu’une névrosée derrière ce grand front (oui, reconnaissons-le x’).

Je ne parle que de ces trois là qui sont sans doute mes préférés, mais j’adore les autres tout autant. Jayne me fait mourir de rire à chaque fois (l’épisode « Jaynestown » est juste le paroxysme du pourquoi Jayne est indispensable), je trouve que Zoë est un modèle féminin pour tous (mais  sans l’ombre d’un doute, c’est de la force tranquille), que Wash est trop chou (ah ses dinos ! Presqu’aussi fanatique que Ross haha. Et j’adore ce qu’il dit dans le docu avec son autographe « I’m a leaf on the wind » !) et en plus ils forment un couple adorable, qu’Inara a trop la classe et de la grâce et que sa relation avec Mal est juste assez frustrante pour être drôle (même quand elle pleure dans « Heart Of Gold »). J’avoue que le Shepard n’est pas assez présent pour être vraiment intéressant et attachant, ce qui est dommage d’ailleurs. Et puis bon, Simon… trop maladroit, trop superficiel, trop gay (même s’il était bien dans The Playboy Club en fait !) et la relation des Tam est un peu chelou, reconnaissons-le :’p. Mais leur petit équipage était sans aucun doute les personnages les plus sincères (les mieux écrits) et attachants de la télévision :’). Et les relations entre eux sont géniales (même si je trouve dommage que Zoë n’ait pas plus d’interaction avec River). Et dix ans après, ça n’a pas changé.

Le délire de la casquette d’Adam Baldwin x’). Il en a tout le temps une et la garde. C’est parce qu’il commence à se dégarnir :’D ?

Globalement, cela se ressent. Tout a l’air « right » dans cette série. Les bonnes et les mauvaises décisions, le bonheur et le malheur. Souvent, on s’arrache les cheveux en se demandant « Mais pourquoi diable X a fait ça ?! » « Mais comment Y a pu être idiot à ce point sur ça ?! » eh bien, je ne crois pas avoir pensé ça en regardant la série. Jamais. Je ne dis pas qu’elle est parfaite (même si on s’en rapprocherait huhu), bien heureusement, toutefois la série est très bien équilibrée. Et je trouve ça énorme que la fanbase, le phénomène « Browncoats » se soit amplifié au fil des années au lieu de dégonfler. Dans le panel du Comic Con, l’une des premières questions par une fan a été de demander en gros si l’équipe ne se dit jamais « où est-ce que les fans quand la série était diffusée ? ». Il est vrai que parfois, je me pose cette question également. Comment cela se fait-il qu’une série soit plus connue 10 ans après son annulation qu’au moment de sa diffusion ? Enfin, je ne m’en plains pas, car grâce à ce soutien, Serenity a pu voir le jour, mais c’est vrai que c’est exceptionnel. Comme quoi, le message de la série est quand même passé, personne n’a perdu espoir :’). Je me rappelle encore ma surprise dans un épisode de Warehouse 13 quand on revoit Jewel Staite et Sean Maher en couple x’D. Ou encore quand Troy et Abed (Community) parlent de l’énorme connerie de la FOX avec l’annulation de la série. Le monde de la SF (ou des geeks) a bien compris que toute référence à Firefly était bonne à prendre !

En fait, dans la série, il y a plein de petits détails que je « kiffe ».

  • Le monde dans lequel ils évoluent par exemple. Le concept même que les Etats-Unis et la Chine soient les deux seules superpuissances restantes au niveau économique me paraît extrêmement plausible x’D. De nos jours, peut-être que l’Europe se dirige également dans la voie de la superpuissance, mais j’ai bien peur qu’elle ne soit considérée comme « un lieu historique ». Bref. Le mélange de l’anglais et du mandarin m’a paru être un choix très malin aussi. Même si leur chinois était juste atroce (surtout pour Tudyk et Fillion x’D). Mais du coup, ça rend l’esthétisme de la série super original ! Les tenues asiatiques sont mélangées avec les tenus du Far West, un choc des cultures vraiment bienvenu.
  • Le vaisseau. Serenity est une vraie maison, que ce soit la super chambre de Kaylee au cockpit top tendance de Wash en passant par la navette privée d’Inara. C’est vraiment très bien construit, et on aime le vaisseau tout autant que son capitaine et son équipage :’).
  • Les guest-stars sont une autre raison. Et non, je ne pense pas forcément à Zac Efron :’p. Je penchais plutôt du côté de Mark Sheppard (oh l’accent x’D), Christina Hendricks (elle gère carrément la fougère la rouquine :’O), Melinda Clarke (ça fait plaisir de la voir dans un rôle qui ne soit pas de méchante) et j’en passe (pas forcément des meilleurs) :’). Ils parlent eux aussi de la série toujours en bien, et ça fait vraiment plaisir.
  • La musique n’est pas à oublier aussi. Le générique chanté par Sonny Rhodes est super awesome. Il fait un peu country, et du coup il y a cette touche nostalgique qu’on retrouve souvent dans leurs voix un peu nasillardes et traînantes. Et puis c’est excellent de voir Adam Baldwin chanter « Hero of Canton » x’D. Et en parallèle, il y a vraiment des morceaux très touchants dans les épisodes composés par Greg Edmonson. Le moment où River danse dans « Safe » par exemple, c’est hyper adéquat, ou encore mieux, dans « Objects In Space ». Ils ont parlé dans le docu des funérailles de « The Message », et effectivement, le moment est particulièrement touchant. D’ailleurs, j’ai trouvé ça dommage qu’ils n’aient pas repris le thème dans le film. Enfin, qu’il ne l’ait pas repris plus fidèlement du moins.

Comme je le disais plus haut, j’ai quelques épisodes fétiches quand même, « Objects In Space », « Ariel » et « Out Of Gas » sont en tête de liste (suivis de très près par « Our Mrs Reynolds » et « Heart Of Gold » mais c’est plus pour les guests ^^). Ces trois sont assez sombres je trouve, et représentent bien toute la subtilité de la série. L’écriture est vraiment excellente, que ce soit du discours de River lorsqu’elle s’assimile à Serenity, ou encore quand Mal réprimande Jayne, ou tout simplement tous les flashbacks et la narration du dernier épisode (ordre chronologique de tournage). Le film, je le considère comme un long épisode en fait, prolongement direct de la série. C’est une conclusion (plus que méritée) et j’ai bien apprécié le fait que Whedon ait réussi à satisfaire les fans de la série tout en offrant une chance aux néophytes. Et bien sûr, les scènes de combat, la méga classe ! J’ai l’intime conviction qu’ils avaient encore plein de choses à raconter et qu’on en saura plus un jour. Les comics n’apportent pas grand-chose en soi (même si celui centré sur le Shepard Book est assez intéressant) mais peut-être que par la suite, on aura du nouveau. J’ai rarement autant habité une série que celle-là, car « je m’voyais déjà » comme dirait Aznavour. Ce coffret est certainement celui qui a été le plus trimballé et vu.

S’il y avait eu une suite (peu importe ce qu’ont dit les acteurs :’p), je l’imaginais bien comme ça… En supposant que Wash n’ait pas été jossé ><. Effectivement, Zoë et lui auraient eu des enfants, mais du coup, il aurait partagé son poste de pilote avec River qui aurait repris un peu de bon sens. Puis ultimement, les Washburne se seraient posés sur une planète tranquillou, pas trop centrale, où ils auraient ouvert un bar-restaurant et où l’équipage du Serenity leur rendrait visite de temps en temps :’D. Simon et Kaylee ne seraient pas restés ensemble… Meuh si, je plaisante, pour une fois un couple aurait bien fini. Inara et Mal se seraient mis ensemble ENFIN, car ils auront compris à la presque mort du Capitaine (et des autres) que la vie est trop courte ! Bon après, si effectivement Inara était malade, ça aurait très beau, je l’aurais laissée mourir. Jayne n’aurait pas fini seul, je vous rassure. Enfin, du moins, pas sur la longue durée. Pour le coup, je l’aurais bien vu avec son propre vaisseau effectivement. L’Alliance leur aurait foutu la paix car ils auraient diffusé la vidéo de Miranda, et donc un peu « intouchables ». Ça leur aurait permis de faire les affaires qu’ils voulaient. Mais, Simon n’aurait pas lâché l’idée de guérir River plus « définitivement », et du coup, il y aurait eu toute une histoire où ils s’attaquent aux « Hands of Blue » et à la Sun Company.

Il y a bien mille raisons pour lesquelles Firefly figure comme une série culte malgré ses 14 épisodes (et un film ^^), et les gens qui ont participé à cette aventure y sont pour beaucoup. Il y a des séries de SF qui marchent, d’autres qui sont rapidement annulées, mais très peu auront atteint un tel statut en une décennie. Sa courte vie fait partie du mythe bien entendu (il faut être réaliste, quand on voit les acteurs morts, c’est un peu ça…). FOX s’en mord peut-être les doigts maintenant (ou plutôt, ils s’en foutent x’D), mais en tout cas, c’était une aventure inoubliable. Et je vous assure que quand on voit les milliers de fans qui attendaient le panel, quand l’équipe rentre sur scène, la standing ovation adressée à Whedon,  les réponses des acteurs, ça picote un peu les yeux et ça chatouille la gorge. « Can’t stop the signal. »

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