The I And The I…

Beaucoup de sourires, il y a de belles couleurs, c’est une petite ode à la vie :’). L’annonce d’une belle célébration de ces jeunes en tout cas !

Synopsis Allo : C’est la fin de l’année. Les élèves d’un lycée du Bronx grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l’été. Le groupe d’adolescents bruyants et exubérants, avec ses bizuteurs, ses victimes, ses amoureux… évolue et se transforme au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviennent alors plus intimes et nous révèlent les facettes cachées de leur personnalité…

The We And The I. Je trouve que le titre est extrêmement bien trouvé. Sans doute, le nom de Michel Gondry en a attiré plus d’un et j’avoue que… c’était ma motivation principale. Son travail est très intrigant, du mystérieux Eternal Sunshine Of The Spotless Mind (même si ce n’est pas un chef d’oeuvre à mes yeux, n’ayant pas compris la moitié du film x’) au récent petit flop The Green Hornet (pour qu’un Asiate finisse par sauver un film, ça veut tout dire…) en passant par le délirant Soyez sympas, rembobinez (Be Kind, Rewind en VO qui a été incompris par certains x’). C’est surtout l’un des rares Frenchy à être aimé d’Hollywood surtout. Et pas pour son cinéma pseudo intellectuel (oui, François Ozon, vous êtes le principal visé) ! Il y a une vraie authenticité chez ce cinéaste, et je pense que ce sentiment se ressent bien par les spectateurs. D’où l’appréciation de ses films. Et d’où un sentiment de fierté quand on voit un film qui sort avec son nom chez les Ricains. Bon, il est possible que ce soit mon esprit qui embelisse tout ça, mais Gondry a vraiment réalisé de beaux films (à défaut d’être d’excellents). En plus, c’est lui qui a mis sous les projecteurs Gael Garcia Bernal (dans La Science Des Rêves, magnifique long-métrage), franchement, on aurait pu passer à côté de lui sinon !

Si The We And The I devait être défini en trois mots, les premiers qui me viennent à l’esprit serait moderne, réaliste et touchant. Sur le premier point, l’huis-clos est en fait très « classique » (d’ailleurs, ce serait hyper intéressant de voir ce film adapté en pièce de théâtre :’O) dans un certain sens, mais le bus ajoute une mobilité dont le genre ne dispose pas toujours, et là arrive la note moderne. Gondry a trouvé divers moyens de s’échapper du bus. Je suppose qu’on peut dire carrément que le bus est une allégorie ou il sert de métaphore pour je-ne-sais quoi. Enfin, j’y crois pas trop, mais c’est sûr que ça impose une ambiance. Les jeunes urbains aussi, leur langage, leur comportement, le style de la réalisation comme si la caméra était un personnage à part entière. Le découpage en trois parties était intéressant aussi, je pense que j’ai eu plus de mal avec la dernière partie du « I », mais elle était nécessaire. Et puis le cadre tout simplement. Le Bronx est une zone certainement un peu sensible, quartier défavorisé, mais du coup ça plante un fond avec des enjeux modernes. Puis le petit démarrage avec Bust A Move envoyait bien du punch !

Il était écrit dans les anecdotes d’Allo que le script du film avait été plus ou moins suivi à la lettre, et j’ai fait partie des gens surpris, ces jeunes débitaient leurs répliques avec tant de naturel ! Ce n’est pas du tout étonnant dans un sens, puisque les scènes étaient en majorité tirées de leur propre expérience, et arrive l’aspect authentique. Ces jeunes n’étaient pas acteurs. C’est au moment du déroulement des crédits et donc de l’apparition de leurs vrais noms que j’ai réalisé le processus du film. Oui, je ne m’étais pas du tout renseigné avant, le titre et le réal avaient suffi à me convaincre de le voir ^^’. D’où ma surprise encore plus grande. On est loin de l’aspect commercial de Green Hornet, c’est sûr, mais c’est un beau petit appel à l’indépendance. Ce côté réaliste est peut-être dans un sens paradoxal, car tout ce qui se passe dans ce bus est quasiment impossible. Mais quelque part, on y croit quand même et le film en lui-même reflète un côté artisanal. Les critiques font mal, il y a de la vraie méchanceté.

Touchant sous plusieurs formes. Déjà dans les histoires de chacun, mais également par ce lent départ de chaque voyageur au fur et à mesure… C’est une route qu’ils ont fait tous les jours ensemble pour aller/rentrer de l’école, et c’est comme ça que ça se termine, avec des larmes et des rires. Leurs déboires, leurs vies, c’est pas de la gnognotte en tout cas. Bien sûr, cela reste un film, donc ce n’est pas tout à fait vrai, même s’il y a de l’inspiration réelle, mais à les écouter, d’une part on est immergé dans leur flot et d’autre part on se sent concerné d’une manière ou d’une autre que ce soit les brutes de l’école qui briment tout le monde, ou le petit qui cherche pas querelle mais qui se fait marcher dessus, ou le couple qui tente de sauver ce qu’il reste de leur relation, ou les copines avec leurs préoccupations un peu superficielles. Ce n’est peut-être pas exactement nous, mais c’est autour de nous. Et je reviens sur ce « I ». Je ne suis pas certaine qu’il y ait un « we » dans ce film. Du moins, je ne suis pas certaine de l’avoir aperçu. Au final, je me dis que ces gamins là, à ce moment X de leur vie ils forment peut-être un « we », mais c’est juste une illusion éphémère et qu’en fait, après, ils pénétreront une autre phase et ce sera plusieurs « I » qui formeront un autre « we ».

Bref, j’ai beaucoup aimé cette petite épopée, c’était très esthétique, la BO était très coolie et les acteurs très attachants :’). Du « vrai » Gondry quelque part.
(P.S : Sinon, je suis saoulée, je voulais voir Wrong aussi, mais il n’est même pas resté deux semaines à l’affiche quoi ‘-‘.)

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